Histoire, sous l'Ancien régime

Tournant important de l’Histoire, le XVème siècle voit en quelques décades les ducs de Bourgogne rassembler sous leur bannière l'équivalent du Bénélux auquel s’ajoute le nord de la France dont l'Artois. On y retrouve les duchés de Brabant, Limbourg et Luxembourg, les comtés de Namur, Flandre et Hainaut, voire même (via un protectorat implicite) les principautés ecclésiastiques de Liège et Stavelot-Malmédy.

La mort sous les murs de Nancy de Charles le Téméraire en 1477 remet en question l'héritage bourguignon. Ainsi, l’historien A. Uyttebrouck relève : "C'était, pour trois siècles encore, la fin de l'unité éphémère de nos régions réalisée sous le règne précédent. Désormais les Pays-Bas – NDLR : la dénomination s’impose grâce aux Habsbourg qui opposèrent ce "plat pays" à leurs possessions de Haute-Autriche - allaient être coupés en deux par la principauté de Liège qui séparait le Limbourg et le Luxembourg, à l'est, des autres terres transmises aux successeurs des ducs de Bourgogne".

Cette situation se fige jusqu'à la fin de l'Ancien régime : les Pays-Bas sont espagnols au début du XVIème siècle (1713-14), puis autrichiens (jusqu'en 1794). Il est à noter que les Pays-Bas s'étaient vu adjoindre Tournai et le Tournaisis en 1521-22 par Charles-Quint et qu’aucun de ces anciens territoires ne partageait véritablement la même langue.

La Wallonie d’alors s’appuie sur le prince évêque de Liège en son centre géographique et en périphérie sur les Habsbourg. Cependant, la distinction Pays-Bas/ Principauté de Liège ne rend que partiellement compte des complexités géopolitiques et de l’existence de "poches wallonnes" autonomes, telles que la principauté abbatiale de Stavelot-Malmédy et du duché de Bouillon, terre d’élection depuis la fin du XVIIème de la famille La Tour d'Auvergne (dont Turenne est le plus illustre représentant).

Concernant les autres territoires sous domination étrangère, citons Philippeville, Mariembourg et la principauté de Barbençon sous l‘égide du roi de France depuis la seconde moitié du XVIIème.

Prémices démocratiques

Il faudra attendre la chute de l'ancien régime pour voir la totalité de ces territoires amalgamés dans un ensemble qui dépasserait largement les limites de la Belgique, et à fortiori de la Wallonie d'aujourd'hui : la République française puis l'Empire napoléonien (1794- 1814/15).

Les Français firent table rase de l'ancienne géographie administrative et de ses dénominations; ils divisèrent les terres conquises en neuf départements (les "départements belgiques"), dont quatre -Jemappes, Sambre et Meuse, Forêts et Ourthe - et la partie méridionale du département de la Dyle correspondent pour l'essentiel à l'espace wallon.

Après Waterloo, de 1814-15 à 1830 les territoires "belges" sont intégrés au royaume des Pays-Bas où règne Guillaume 1er d'Orange ; la famille d’Orange fait retoucher légèrement les limites des départements, à nouveau baptisés provinces et dotés de dénominations qui rappelaient les anciennes principautés : le Hainaut succéda à Jemappes, Namur à Sambre et Meuse, Liège à Ourthe, Luxembourg à Forêts et Brabant à Dyle. La Belgique indépendante n'apportera ensuite que des aménagements mineurs à ces ajustements.

Dès lors, l'Histoire du peuple wallon se confond avec la Belgique.

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